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Shopping et Internet

 

«Un truc inutile et qui sert à rien… M’en faut absolument deux!» C’est en ces termes que «lince77» a passé commande en ligne d’un T-shirt peu banal, intégrant une guitare électrique. L’intéressé s’est manifesté à peine l’objet fut-il mis en vente sur qoqa.ch. Peu après minuit…

Pas de quoi étonner Pascal Meyer, fondateur du site, créé en 2005 déjà. Au contraire: «Nos ventes atteignent un pic exceptionnel entre minuit et 1 h du matin», rapporte-t-il.

«Une bataille avec les fournisseurs»
Voilà qui laisse deviner l’ampleur du phénomène dit de live-shopping. Ou de club-shopping, un concept identique à la différence que l’inscription est obligatoire. Le principe: acheter à prix cassés des produits dont la quantité et la disponibilité se révèlent très restreintes. Jusqu’à un seul article par jour pour qoqa.ch, qui a écoulé ce jour-là la quasi-totalité de son stock de T-shirts loufoques.

Il faut dire que la remise de 50% offerte sur le T-shirt (29 francs au lieu de 59 francs), se veut imbattable. Dans ses bureaux de Bussigny, Pascal Meyer y veille: «En amont, nous livrons une vraie bataille avec les fournisseurs. Notre offre doit être la meilleure du Net et d’ailleurs», déclare celui qui s’autoproclame avec humour «Robin des Bois des bonnes affaires». Une exigence qui paie. Depuis l’importation avant-gardiste du concept depuis les Etats-Unis en 2005, et en dépit d’une «très faible» marge prélevée sur la marchandise, la société a vu son chiffre d’affaires bondir de 400 000 francs à plusieurs millions de francs. De quoi procurer du travail à une dizaine de collaborateurs.

Une formule win-win. Y compris pour les marques, toujours plus enclines à faire le premier pas, qui trouvent là un moyen discret de liquider leurs invendus. «Leur but est parfois de provoquer un buzz, ou de faire simplement de la pub. Car il y a des chances que ceux qui ratent notre offre se rendent chez le fournisseur.»

Douze sites de plus l’an dernier
Site à l’esprit communautaire et décalé, qoqa.ch totalise 90 000 membres et 70 000 visites quotidiennes. Une affluence «énorme», qui n’empêche pas Pascal Meyer de surveiller de près l’évolution de la concurrence. Rien que l’an dernier, une douzaine de sociétés de live-shopping ont vu le jour. «Plusieurs par mois font leur apparition», observe Peter Düggeli, rédacteur auprès de comparis.ch. Une jungle féroce, où les nouvelles recrues risquent à tout moment la déconfiture.

A condition de savoir se raisonner, l’acheteur est le vrai gagnant de cette émulation. Une remise de 30%, de 50%, voire de 80%: même avec les frais d’expédition d’une dizaine de francs, il réalise de bonnes affaires. Mais mieux vaut être réactif: «Le gros de nos ventes se conclut le premier jour», assure Laure de Gennes, cofondatrice de eboutic.ch, une plate-forme chère aux femmes actives de 25 à 40 ans qui «recherchent des marques» et «qui n’ont pas forcément le temps d’aller faire les boutiques le week-end». Et elles sont nombreuses: le site fidélise 450 000 internautes…

La tentation de l’achat superflu

«J’achète, j’achète pas?» Si l’acheteur potentiel devait se montrer hésitant, tout est conçu pour qu’il finisse par craquer. A commencer par l’affichage en bonne place du temps et du stock restant… Des méthodes que Mathieu Fleury, secrétaire général de la Fédération romande des consommateurs, compare volontiers à celles qui font le succès – et le piège pour l’acheteur – des soldes. «Ce genre de méthodes peut pousser les gens à acquérir des biens dont ils n’ont pas besoin, prévient-il. Particulièrement sujets à l’endettement, les jeunes s’avèrent les plus perméables à ces techniques marketing, érigées ici au rang de business plan.»

Pour les fashionistas

www.fashionfriends.ch

LE PRINCIPE
Le site organise plusieurs ventes se limitant à quelques jours sur différents articles en quantité réduite. Obligatoire, l’inscription à cette adresse de club-shopping est gratuite et sans obligation d’achat. Nombre de membres: 130 000.

LE PUBLIC
Des inconditionnelles de mode ou des femmes qui cherchent à débusquer des marques à petits prix, comme Nike, Puma, Moschino, Heidi.com. Les vêtements côtoient des montres, des chaussures, des sacs et des bijoux.

LES RABAIS
Entre 40% et 70% de remise.

LES PLUS
Le nombre d’exemplaires restant est indiqué et la possibilité de payer sur facture.

LES COUSINS
eboutic.ch, quoique plus généraliste.

Pour les pressées

 www.eboutic.ch

LE PRINCIPE
L’internaute a le choix entre trois ou quatre ventes qui s’ouvrent successivement pour quelques jours sur des objets aussi divers que variés: ustensiles de cuisine, habits, jouets, billets d’avion. Inscription obligatoire mais gratuite et sans obligation d’achat. Paiement par cartes de crédit uniquement. Nombre de membres: 450 000.

LE PUBLIC
Des femmes actives de 25 à 40 ans sensibles aux marques, qui apprécient d’être livrées à domicile. Parmi les enseignes vendues: Converse, Alessi, Nike, Chicco, Dolce & Gabbana.

LES RABAIS
Entre 30 et 80%.

LES PLUS
La possibilité de retourner la marchandise dans les sept jours et de parrainer ses amis en échange de bons d’achat.

LES COUSINS
my-store.ch

Pour les technophiles

www.qoqa.ch

LE PRINCIPE
Un seul produit durant vingt-quatre heures. Pas de commande possible au-delà de ce délai. L’article à vendre n’est connu qu’au démarrage de l’offre. Nombre de membres: 90 000.

LE PUBLIC
Les férus de joujoux multimédias (Wii, caméra, ordinateur), mais aussi les gens désirant équiper leur intérieur à bon compte (micro-onde, lampes de poche, cheminée bioéthanol).

LES RABAIS
Ils varient entre 30 et 50%, et culminent parfois à 70%.

LES PLUS
Une description drôle et décalée de l’article, un esprit communautaire où les membres échangent leurs bons conseils.

LES COUSINS
Des sites tels que daydeal.ch, conrad.ch, schlagzu.ch ou buzzme.ch (en allemand).

Source : 24heures